Je viens de me rendre compte que ça va être ma dernière semaine. Ma dernière semaine de lycée. Le dernier lundi où je prendrai le bus à 9 h, le dernier lundi où je me lèverai au radar à 6 h 30, descendrai faire couler mon café dans la cuisine avant de fumer ma clope en écoutant ma playlist éphémère sur l'ordi. Dernier lundi où je me battrai avec mes cheveux, à me dire "nan, je peux quand même pas me pointer au lycée avec ce maquillage, on va me traiter d'emo. Bande d'intolérants à la con." La dernière fois de ma vie à avoir 3 heures de philo à la suite (il parait qu'une des trois est un cours de religion, mais vous m'excuserez, les cours de religion pour moi c'est regarder le Prince d'Egypte, pas tripper sur ces connards de Hume et Kant). Et après-demain, le dernier mardi à narguer tout le monde parce que je commence à 10 h. A me pointer après la récré, monter les trois étages qui me séparent des mystères de la culture allemande, et surtout, après avoir gravi ces marches, avoir le plaisir de tomber sur le blocus d'élèves qui se planquent dans l'escalier pour retarder le cours, le "Bérliiineuh blooockaaadeuh" comme l'a baptisé Magali. Au fait, on a quoi mercredi matin ? Et jeudi, une journée épuisante. Mais peut-être pas. L'ambiance risque d'être électrique avec Florence qui risque bien d'expliquer au prof de Section Européenne que c'est pas normal de "stay debout during the entretien !". Et vendredi, la fin, un bordel... Mais la vraie fin sera deux semaines après. Celle où on se tombera dans les bras en pleurant, en promettant de pas perdre contact. Même si on sait que c'est pas vrai. Je regrette déjà un peu cette période. C'est bête. J'aurai voulu faire beaucoup de choses encore. Prouver que je peux bosser et réussir. Je voudrais leur crier que ce n'est pas la vraie Sarah qu'ils ont connu pendant 3 ans. J'aurai voulu mieux connaitre Hélène, qui était en Espagnol avec moi, et Florence, dans ma classe. J'aurais voulu dire en face aux gens que je ne supporte pas que je ne connais même pas leur prénom. Et que retenir le mien n'étais qu'une perte de temps vu l'intérêt que je leur ai porté. Vivement dans quelques années, qu'on se dise "Franchement, vu les sujets du Bac, ils nous ont clairement pris pour des mongoles cette année-là."